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Grande Loge Féminine de France

Grande Loge Féminine de France

Année de création: 1952

Nombre de Loges: 360

Effectifs: 11 700

Structure Féminine

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Interviewé par Jacques Carletto


Une heure d'interview Vérité


Direct du 23/09/2015. Studios de BTLV.
Invité : Franck Fouqueray. 


La Franc-maçonnerie revendique l’héritage symbolique des sociétés initiatiques qui, depuis la plus haute antiquité, se sont consacrées à la réflexion collective et à la transmission graduelle de la Connaissance ; mais aussi un héritage plus direct, celui des compagnons bâtisseurs de cathédrales et des "loges" dans lesquelles ils se réunissaient pour préparer le chantier et transmettre aux apprentis les secrets de l'art.

Quelques jours après la Libération, pressées de reconstituer le chantier interrompu, les maçonnes décident de prendre leur destin en main.

Le Grand Secrétariat reprend ses activités et entreprend de constituer un "Comité de reconstruction" qui a la double mission de retrouver les femmes membres disséminées par la tourmente et de procéder à un examen de leur comportement pendant l'occupation.

Les loges étant reconstituées, le Comité de reconstruction fait une demande officielle à la Grande Loge de France pour une aide, tant sur un plan logistique que matériel, en vue de la réintégration de l'ensemble des loges d'adoption et la préparation de leur future organisation.

Le Convent de la Grande Loge de France vote, le 17 septembre 1945, « l'abrogation de la Constitution de 1906 et des règlements généraux y afférant". Abrogation permettant aux femmes de créer une Obédience féminine indépendante dont le titre serait "Union Maçonnique Féminine de France".

Dès le 21 octobre 1945, Anne-Marie Gentily, présidant le Convent, annonce la création de l'Union Maçonnique Féminine aux 5 Loges reconstituées : « Le Libre Examen » 20 membres, « La Nouvelle Jérusalem » 33 membres, « Le Général Peigné » 16 membres, « Minerve » 16 membres et « Thébah » 6 membres.

Dans une allocution très émouvante où l'espoir prenait le pas sur l'amertume, la Présidente déclara : "Restons dignes de toute cette martyrologie, qu'elle soit profane ou fraternelle... Jurons d'aller de l'avant comme ils l'ont fait et le feraient encore... Espérons en une vie longue et féconde de l'Union Maçonnique Féminine". Anne-Marie Gentily faisait référence aux femmes disparues et à toutes les victimes de la guerre.

L'année 1946 est consacrée à structurer l'obédience. La première Constitution "Des Loges d'adoption aux Loges féminines indépendantes", est rédigée cette année-là. Elle pose les principes et définit les règles de fonctionnement des Loges.

Une réflexion approfondie est également menée sur le rituel, une question à l'étude des loges y est consacrée : "Le symbolisme féminin dans la Maçonnerie Ecossaise".

Le premier Conseil supérieur composé de 10 femmes est élu ainsi que la première Grande Maîtresse, Anne-Marie Gentily qui s'exprime ainsi : "Un fait est là : notre institution, pour meurtrie qu'elle soit, est constituée. Nous sommes bien faibles, puisque seul un tiers de notre organisme a renoué la chaîne d'union. Il ne dépend que de nous-mêmes de la développer, de la faire grande, forte et belle et de lui faire jouer le rôle national et international que nous ambitionnons".

La prophétie, s'est réalisée et tout va très vite : en 1948 création de la première Loge en province par des femmes, pour des femmes : « Athéna » à Toulouse.

C’est le 22 septembre 1952, que l'«Union Maçonnique Féminine de France » devient La « Grande Loge Féminine de France ».