Toutes les questions sur la Franc-maçonnerie que vous n'avez jamais osé poser !

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QU’EST-CE-QUE L'ENSEIGNEMENT MAÇONNIQUE ?

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Ce point est capital, car il pose la très importante question de la transmission de la connaissance. Lorsqu’on intègre une Loge où l’instruction est pratiquement inexistante, on peut s’attendre à ce que l’Atelier connaisse un jour ou l’autre des perturbations. La raison est la suivante : « Si les seules motivations du maçon sont l’intérêt, la rivalité, la convoitise, la jalousie et surtout… l’orgueil, aussi intelligent ou Fraternel soit-il, au premier dérangement profond, son instinct primaire reprendra le dessus. Il restera plus proche du singe que du sage. Or le but de la maçonnerie est précisément la quête de la Sagesse ».

Pour cheminer sur cette voie, qui fait appel à la patience et au travail, la Franc-maçonnerie utilise le symbolisme comme outil pédagogique.

Grâce au travail sur les symboles, l’Apprenti maçon va ressentir en lui le principe de dualité, le binaire. Il aura pour support de travail les symboles de la Loge, tels que Lune et Soleil, ou encore Blanc et Noir qu’on retrouve sur le Pavé Mosaïque au sol...

Une fois ce concept abstrait intégré, il va ensuite évoluer vers le principe du nombre Trois, le ternaire. Celui qui va lui permettre d’échapper à la dualité. Ce nombre Trois sera omniprésent dans son travail. Il le retrouvera dans les applaudissements par trois fois, dans la marche par trois pas… et même dans la façon d’échanger la parole, mais je reviendrai sur ce point précis en fin de chapitre.

Je pourrais continuer et vous parler du nombre quatre, celui de la matière, du cinq celui de la perfection, de la synthèse…

Sans entrer dans une séance d’instruction, vous pouvez retenir que pour le maçon, il y a dans l’univers deux forces antagonistes produisant un équilibre. Elles s’opposent et se complètent en toutes choses. Leur interaction engendre un équilibre après le chaos dans un cycle sans fin. Deux forces qui aboutissent à l’équilibre, voilà le ternaire qui se manifeste.

Certains seraient tentés de penser que travailler sur des symboles ne peut pas transformer un individu. Souvenons-nous que lorsque nous étions enfants, pour formater notre cerveau et permettre notre évolution, nous nous sommes appuyés sur les nombres et leurs interactions. Nous avons appris à les additionner, les soustraire, les multiplier ou les diviser. Tous ces concepts qui nous semblent maintenant familiers sont des principes abstraits d’arithmétique. Ils ont formaté notre esprit pour lui permettre le raisonnement, la critique, la logique. Tout cela avec dix petits signes mathématiques, que nous avons appris dans l’enfance. Le principe pédagogique est sensiblement le même avec la Franc-maçonnerie. Il s’agit d’un cheminement de plusieurs années qui conduit le pratiquant sur la voie de la Sagesse et de la Fraternité.

C’est ainsi qu’on observe chez les Francs-maçons d’expérience un comportement d’attention et d’écoute dans les échanges verbaux, qu’on ne retrouve pas dans le monde profane. Il s’agit d’une intensité dans la présence du moment et d’une manière d’entrer en contact. Une façon d’être sincèrement présent à l’autre qui enrichit les échanges.

Pour résumer cette partie sur l’instruction, sachez qu’il existe dans chaque Loge un instructeur délégué pour les Apprentis. Ā tous les degrés et grades, les maçons continuent à apprendre. Tous les maçons savent que même si on aspire au repos, les travaux ne sont jamais fermés… ils ne sont que suspendus !

Lorsque des jeunes maçons se plaignent parfois du manque de grandiose ou de sensationnel en Franc-maçonnerie, je songe souvent au film Karaté Kid, sorti en 1984 (dont un remake a été fait en 2010).

C'est l'histoire d'un adolescent (Daniel LaRusso, 16 ans) avec sa mère (Lucille) qui aménagent dans un nouvel appartement en Californie. Il rencontre rapidement une jeune fille de son âge (Ali) et tombe évidement amoureux d’elle.

L'ex d'Ali (Johnny, un jeune délinquant chef de bande et pratiquant de Karaté), entend récupérer la belle Ali et pour cela, il attaque physiquement notre héros (Daniel).

C'est alors que ce dernier, fait la connaissance du vieux gardien / jardinier de la résidence, originaire d'Okinawa (Monsieur Miyagi). Celui-ci semble maitriser les arts martiaux. Daniel le supplie alors de lui enseigner ce savoir-faire pour affronter son nouvel ennemi. Le vieux japonais va plutôt lui faire repeindre ses palissades, lustrer son automobile... et attraper des mouches avec des baguettes.

Un défi ayant été lancé entre les deux adolescents pour un duel, lors du futur championnat de Karaté, le temps presse. Le jeune Daniel-San finit par s'agacer des multiples bricolages demandés par le vieux gardien, au lieu d'apprendre à pratiquer les arts martiaux... jusqu'au moment ou Monsieur Miyagi lui révèle que toutes ces actions physiques engendrées par ces travaux manuels, étaient des manières déguisées de s'instruire à l’Art de combattre. Le mouvement du pinceau de haut en bas est une habile façon de se protéger des attaques hautes et basses. Le ponçage de droite à gauche, est une autre manière de se protéger latéralement, etc.

Vous imaginez bien évidement la fin de cette histoire. Notre héros est vainqueur. Ils s’aimèrent et eurent…

 

Pour ce qui est de l'Art Royal, il en est de même. On pense souvent que la pratique de la Franc-maçonnerie est démonstrative et que de manière magistrale, à la façon d'Harry Potter à Poudlard, on va recevoir un enseignement magique. Il n'en est absolument rien !

Nos confrontations et nos épreuves sont uniquement celles que nous allons vivre avec nos Frères et Sœurs en Loge, de la manière la plus banale qui soit. Il va s'agir de la friction relationnelle que nous allons avoir avec les uns et les autres. Ce sera notre manière de prendre conscience et de réagir aux épreuves qui va nous permettre de grandir sur cette voie de la Sagesse. N'oubliez pas ce que vous venez de lire, car cela vous servira dès les premières déceptions venues. Vous pourrez alors vous souvenir qu’en chacun de nous, il existe déjà un Monsieur Miyagi qui attend de nous aider !

Certains maçons songent à démissionner dès la première déception, alors qu’en réalité, le jeu initiatique qui s’effectue en Loge par les relations interpersonnelles est un merveilleux moyen de faire des progrès. Chaque participant maçon étant volontaire pour faire un travail sur lui, ce n’est surtout pas le moment de fuir dès la moindre fausse note. Car c’est justement là que le vrai travail commence.

Parlons maintenant d’un autre sujet important :

« En quoi la Franc-maçonnerie est-elle un processus initiatique ? »

Tout d‘abord, comprenez bien que si vous enfermez 25 personnes en tablier dans une Loge, puis vous leur demandez ensuite de réciter leur Rituel et de se déplacer selon un schéma défini, il ne se passera au demeurant rien de particulier. Rajoutez maintenant un zest de trahison ou d’abus quelconque entre deux Frères ou Sœurs afin d’enflammer les passions, vous obtenez alors un cocktail explosif identique à ceux de certains stades de foot. C’est d’ailleurs ce qui se passe la plupart du temps dans les Loges où l’on consacre son temps à philosopher sur les grands thèmes modernes de la société.

Laissons de côté cette Loge d’Apprentis politiciens et visitons maintenant un Atelier qui travaille sérieusement sur le symbolisme. Observez-les tous de l’extérieur, vous ne voyez aucune différence. Pourtant, quelques détails changent tout. Par exemple, dans cette Loge, chaque Frère ou Sœur communique par un échange indirect à trois intervenants. Pour se parler entre eux, ils s’adressent systématiquement au Président de la Loge (le Vénérable Maître). C’est une sorte de communication en équerre. Pourquoi ce cérémonial me direz-vous ? Il s’agit d’une subtilité qui permet aux maçons de travailler sur eux sans qu’ils ne s’en rendent compte.

Pour plus de simplicité, je vais prendre un exemple concret. Imaginez une assemblée de maçons qui se parlent en direct, en face à face, sans ce fameux principe d’équerre. Un Frère s’adresse au Vénérable Maître pour partager une opinion sur le lien qu’il fait entre le masculin et le soleil. Aussitôt, une Sœur qui se trouve en face et ne partage pas du tout son avis, lui répond directement avec toute la passion qui est celle de son histoire et de ses émotions. Alors un débat s’engage et les passions prennent le dessus. L’énergie de la Loge se trouve aussitôt déséquilibrée et tout part en vrille car l’électricité ambiante remplace l’Harmonie et l’Amour.

En s’adressant uniquement au Vénérable Maître qui centralise tout, il n’est point possible d’entrer dans un débat enflammé. De plus, le nombre d’interventions étant limité pour chaque prise de parole, ça réduit le risque de dérapage et cela oblige à être concis à chaque intervention.

Pour résumer ce principe, cela permet tout simplement de sortir de la sphère habituelle des échanges, pour dépassionner la discussion et travailler sagement, avec pondération, pour nous élever en nous plaçant à l’extérieur du centre des échanges. Nous passons alors d’un principe binaire à deux intervenants, à un principe ternaire dont le Vénérable Maître est le catalyseur. La forme de l’équerre prend tout son sens dans son aspect pratique.

Pour éviter les dérapages, vous pourriez me suggérer de faire preuve de Sagesse et de prendre le recul nécessaire afin de me contenir. Vous auriez parfaitement raison. Mais lorsque le débat touche à l’insupportable, cette pseudo soupape de la Sagesse, saute irrémédiablement et c’est le volcan qui explose ! Nous voyons ressurgir dans la relation entre les membres de la Loge tous les anciens contentieux, toutes les vieilles dettes… qui correspondent à toutes les fois où nous avons ravalé notre salive pour être conforme à notre idée de la Sagesse. Cette méthode est donc superficielle et ne fonctionne que temporairement, du moins si elle ne s’enracine pas dans des couches plus profondes et surtout plus durables de notre être.

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