Toutes les questions sur la Franc-maçonnerie que vous n'avez jamais osé poser !

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FRANC-MAÇONNERIE ET RELIGIONS

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Nous voici arrivés au chapitre où la moitié des lecteurs va brûler ce livre. Rassurez-vous, rien de ce que je vais dire n’aura pour but de choquer ou de blesser. Replaçons tout d’abord la Franc-maçonnerie dans le contexte historique. Durant tout le XVIIème siècle et au début du XVIIIème siècle, les pionniers de la maçonnerie étaient tous chrétiens. On ne parle alors durant les travaux, que de Jésus Christ ou de Dieu, mais jamais du « Grand Architecte de l’Univers ».

Pour bien comprendre la genèse de la Franc-maçonnerie, il faut rappeler qu'elle est avant tout déiste. Sous l'impulsion d'un grand nombre de fondateurs de la Grande Loge d'Angleterre le 24 juin 1717, on retrouve des membres de l'Invisible Collège et de la Royal Society. Cette époque est encore troublée par les guerres de religions en Angleterre et en Ecosse et son corollaire de massacres, qui ont duré plus d'un siècle. Ces scientifiques fondateurs furent donc les premiers à mettre de côté les questions de religions et de politique pour se consacrer aux seules sciences. Un tiers des fondateurs de la Grand Loge étaient des membres de la Royal Society (RS). Parmi eux, on retrouve Jean Théophile Désaguliers, personnage de première importance, scientifique de renom, démonstrateur à la Royal Society, ami de Newton dont il a vulgarisé les travaux.

C’est en 1723 que le pasteur James Anderson (peut-être influencé par l'œuvre de Jean Calvin ?) en fait mention dans ses constitutions. Celles-ci sont d’ailleurs appelées « Constitutions of the free-masons », dites « Constitutions d'Anderson ». Le développement de la Franc-maçonnerie dans le monde l’amène à s’ouvrir à d’autres religions du Dieu révélé, surtout au cours du XVIIIème et de la première moitié du XIXème. Cet apport va fortement influencer l’usage du nom « Grand Architecte de l’Univers ».

C’est lors du Convent de Lausanne de 1875 que les onze « Suprêmes Conseils » du Rite Ecossais Ancien et Accepté adoptent officiellement la « Déclaration de principe » suivante (pour ne pas froisser l’Église) : « La Franc-maçonnerie proclame, comme elle a toujours proclamé, l'existence d'un Principe Créateur, sous le nom de Grand Architecte de l'Univers. » Peut-être aurait-elle dû assumer pleinement le nom de « Dieu Créateur ». Car de toutes les façons, depuis 1875 l’Église catholique n’a pas fait un pas en avant vers la Franc-maçonnerie. Elle l’accuse de tous les maux pour justifier sa perte de puissance dans nos contrées occidentales. Nous y reviendrons.

Lors du convent de septembre 1877, le Grand Orient de France adopta une modification de l’Article Premier de sa constitution. Le nouveau libellé devenait donc : « La Franc-maçonnerie, institution essentiellement philanthropique, philosophique et progressive, a pour objet la recherche de la vérité, l'étude de la morale universelle, des sciences et des arts et l'exercice de la bienfaisance. Elle a pour principes la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n'exclut personne pour ses croyances. Elle a pour devise : Liberté, Égalité, Fraternité. » L’année suivante, les relations entre le Grand Orient de France et la Grande Loge Unie d’Angleterre se dégradèrent, lorsque cette dernière adopta une résolution pour ne plus reconnaître les Frères ayant été initiés dans des Loges n’adhérant pas à la croyance en un Être suprême.

Ce changement de 1877 eut un impact fort. En effet, chaque Loge devenait souveraine pour retirer Dieu de ses travaux, si elle le souhaitait. Dix années plus tard, c’était au tour du « Grand Architecte de l’Univers » de devenir facultatif, à la discrétion de chaque Atelier. Il en est encore ainsi aujourd’hui. Je visite régulièrement des Ateliers qui travaillent à la Gloire du Grand Architecte et d’autres qui jurent uniquement sur les constitutions de l’Obédience. Lorsque je vous disais que la Franc-maçonnerie n’est pas un grand groupe homogène, vous commencez à me croire ?

Pour revenir à l’Église catholique, quelques maçons ne sont pas étrangers à la haine que l’Église catholique voue à l’Art Royal. Sans remonter jusqu’à Clément XII au XVIIIème siècle, il suffit de nommer le Frère Mirabeau, qui déclare en 1793, peu de temps avant de monter à l’échafaud : « Vous n'arriverez à rien si vous ne déchristianisez pas la Révolution. » Il faut donc bien comprendre qu’il s’agit uniquement de quête de pouvoir. Sans vouloir être sacrilège, j’oserais même dire qu’aujourd’hui, nous affirmerions qu’il s’agit de guerre pour des « parts de marché ».

Le coup de grâce fut porté en 1905 avec « La loi concernant la séparation des Églises et de l'État ». De manière unilatérale, l’État se déclarait laïc et donnait ainsi à chaque citoyen le choix de son culte. Imaginons bien qu’en pleine période de la Troisième République, où le pouvoir politique était absent, des maçons avaient pleinement assuré l'intérim pendant la vacance de ce pouvoir flottant.

Vous comprenez mieux qu’entre l’Église catholique et la Franc-maçonnerie, ce n’est pas le plein Amour. Ceci n’est pas forcément le cas avec les autres Églises chrétiennes.

De nombreux musulmans pratiquent en Loge, sans que cela ne remette en cause leur croyance, ni leur pratique. Je passe sous silence les intégristes de tous bords, pour lesquels toutes les pratiques autres que les leurs sont des péchés qu’il faut punir dans la violence. Pour eux, les maçons sont des mécréants qu’il faut brûler ou lapider. Je rappelais à ce sujet, dans le chapitre sur le secret ci-avant, la fatwa prise contre la Franc-maçonnerie le 15 juillet 1978 à La Mecque. Avant cela, la onzième résolution de l’Organisation de la Conférence Islamique, réunie à la Mecque en mars 1974, sous la présidence du roi Fayçal Ibn Abdelaziz, a porté sur l’interdiction des sectes maçonniques, dont le Rotary, le Lion’s, les frères de la liberté, etc. Après avoir mis en garde les pays musulmans contre le danger des sectes d’obédience maçonnique, opérant sous la couverture de slogans trompeurs tels : liberté, égalité, fraternité, ce qui a fait tomber de nombreux dirigeants et intellectuels musulmans dans les mailles de leurs filets, la résolution a demandé à l’ensemble des institutions islamiques de prendre les mesures suivantes :

1-    Chaque musulman doit quitter immédiatement ces sectes.

2-    Interdiction d’élire à une quelconque activité islamique tout musulman affilié à l’une de ces sectes.

3-    Il appartient aux Etats musulmans d’interdire les activités de ces sectes sur leurs territoires respectifs et de fermer ses Loges et ses repaires.

4-    S’abstenir de recruter toute personne appartenant à l’une de ces sectes.

5-    Dénoncer ces sectes au moyen de livrets et de journaux à prix réduit.

Comme vous pouvez le constater, pratiquer la Franc-maçonnerie pour un musulman est un acte de bravoure.

Je vais maintenant partager un questionnement quant à la religion. Je me suis toujours interrogé : « Comment peut-on concilier la Franc-maçonnerie avec une religion du Dieu révélé qui nécessite une Foi totale reposant sur un dogme ? » J’entre dans les détails afin d’être plus explicite. La Franc-maçonnerie, dans ses fondements, implique que tout dogme soit vivement rejeté. Le Franc-maçon adhère au principe de quête de ce qu’on nomme la gnose (issu de gnosis = connaissance). En d’autres termes, les maçons sont en perpétuelle recherche de la Vérité intérieure et extérieure, alors que le croyant est dans une foi indéfectible qui ne laisse aucune place au doute. Ainsi, je me demande comment s’arranger avec sa conscience pour faire le grand écart entre ces deux exercices contradictoires ? Pour ma part, j’en suis encore à chercher une réponse satisfaisante. Un homme d’Église avec lequel je déjeunais un midi, en attendant son Initiation chez nous, me donna un début de réponse. Il me dit « Ma foi en Dieu n’est pas une ligne droite figée, elle est une boussole qui me montre la direction ». C’est pour moi un bon début de réponse, mais je reste encore dubitatif.

L’illumination du croyant pourvu de la Foi semble lui venir de manière transcendantale. Sa représentation de Dieu se manifeste alors par une forme d’éveil reçu. Le chemin du maçon est quant à lui quelque peu différent, car la Lumière le touche de manière immanente, c'est-à-dire par une révélation qui se trouve déjà en lui, mais aussi et complémentairement, par une interaction des forces vives de l’Univers. Le maçon ne peut pas s’auto-suffire en somme !

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